Le plus beau métier du monde ?...Poulet métissé du Jeune Lion
Dîner hier soir dans le nouvel appartement du Jeune Lion, sis en la riante commune de Boboche (petit nom de Bobigny), où après un an de travaux en tout genre, les choses prennent leur place et le lieu se révèle aussi chaleureux que le souhaitait son propriétaire.
Dîner propice aux échanges et aux confidences sur les doutes qui habitent ce jeune "hussard noir de la République".
"Nos jeunes maîtres étaient beaux comme des hussards noirs" disait C.Péguy en 1913. Ce n'est pas parce que c'est mon fils, mais c'est vrai qu'il est plutôt beau gosse, le Jeune Lion :). Enfin, là n'est pas mon propos...
Pourquoi diable aller comparer des instituteurs à des hussards ? Parce que ceux ci font preuve aux yeux de Péguy, de la même efficacité et du même dévouement dans leur mission d'instruire la population française. Et c'est bien avec cet engagement et cette volonté d'être au service des enfants d'aujourd'hui de la République que le Jeune Lion a choisi le métier de Professeur des Ecoles, et a choisi de l'exercer dans ces cités remplies de gamins déboussolés, ignorés, parfois utilisés par des plus âgés à des missions de guetteurs ou de livreurs.
Des gamins qui ne savent pas ce que veulent dire réussite, épanouissement, solidarité, bonheur.
Des gamins qui viennent à l'école sans savoir pourquoi et qui en sortent sans en savoir plus que cela.
Le Jeune Lion, à l'instar de nombre de ses collègues, ne compte pas sa peine , ni ses heures. Tout est bon pour faire comprendre à ses minots des cités amères qu'apprendre peut être un plaisir, qu'eux aussi ont le droit de rêver à un futur qui sourit et que écrire, lire, compter, parler, échanger, s'entraider permettent que la vie soit meilleure.
Mais le jeune Lion est fatigué de mélanger les rôles, de ne plus savoir quelle est sa mission, d'être tout à la fois instituteur, assistant social, psychologue, éducateur...Fatigué aussi de se battre tel Don Quichotte contre les moulins à vents de l'education nationale qui multiplie les réformes au gré des Ministres, sans entendre l'appel déséspéré de ceux qui sont au front et qui, vaille que vaille, tentent d'empêcher de couler une partie de la jeunesse de la France. Le Jeune Lion doute et il n'est hélas pas le seul à se désespérer de cette misère.
Cela me navre de le voir ainsi douter de l'avenir, de voir une réelle motivation se déliter face à une institution sourde et aveugle. J'aimerais lui dire que c'est rien, que cela va passer, comme lorsqu'il était petit. Mais il est grand, et nous savons tous deux qu'il n'en est rien.
Alors, je ne dis rien, je l'écoute, je le réconforte et je le soutiendrai dans ses choix, quelqu'ils soient.
Pour terminer ce billet en colère, une petite recette tout bien tout bon : le poulet métissé du jeune Lion
Couper un gros oignon en rondelles, détailler deux poivrons, un rouge et vert pour la couleur en lamelles assez larges et recouper les en deux. Faire rissoler ensemble dans un peu d'huile d'olive, en tournant souvent. Lorsqu'ils sont un peu fondus (environ 10 minutes), rajouter des blancs de poulet fermier. Laisser revenir rapidement, rajouter deux cuillères à soupe de crème fraîche, deux cuillères à café de ras el hanout, une cuillère à café de piment doux, du sel, du poivre. Laisser cuire doucement 10 minutes et avant de servir, ajouter une belle poignée de noix de cajou et une petite poignée de raisons secs. Saupoudrer de coriandre et se régaler.
Commentaires sur Le plus beau métier du monde ?...Poulet métissé du Jeune Lion
- Jeune Lion tu es de ceux qui laissent des traces indélébiles et qui le temps d'une classe, apportent du sens, de l'envie et de l'espoir à des élèves fâchés avec l' École …avec leur Avenir !!

Jeune Lion contre désert et tempête, Ne perd pas le sens , l'envie et l'espoir de ton métier, conserve ta rage de faire avancer tous ces mômes sur le chemin de la connaissance, de la conscience et de la liberté .
Rollane …passionnée par ton métier , le sien, pendant près de 40 ans !!! - Qu'il faut du courage et de l'abnégation pour exercer ,maintenant,ce sacerdoce que

j'ai pu choisir avec enthousiasme ...........en 1958!!!!!!!!!!Comme le découragement les
atteint tous et il y a de quoi !!!!!!Comment ne pas comprendre leur envie de jeter l'éponge ??????En leur disant ,et c'est peu,qu'ils sont le dernier rempart contre la barbarie!!!!!!! c'est facile à dire quand on est à la retraite .......tenez bon, les Petits!!!!! - Comme promis je suis venue lire ton article, et je dois dire que je suis à la fois d'accord et pas d'accord avec toi. Il est clair que ces dernières années les réformes ont empirer les choses et il faudrait que notre gouvernement se réveille quelque peut. Ceci dit n'étant pas instit' ( à mon grand regret car ayant arrêté mes études pr gros pb de santé) plus tôt que prévus, je suis donc devenue nounou et donc je vois plutôt le coté parent. Et je trouve qu'il quand même arrêter de tout mettre sur le dos du gouvernement et des réformes et que les parents se remettent en question. Je suis tout à fait d'accord avec toi sur le fait qu'aujourd'hui beaucoup d'enfants ne savent pas ce qu'il font à l'école ni à quoi ça sert. Et je trouve que c'est aux parents, et ce dès la maternelle, d'expliquer à leurs enfants l’utilité de l'école, l'utiliter de choisir ce que l'on veut faire dans la vie. Et ainsi j'ai toujours adorée aller à l'école. Je trouve que beaucoup de parents de nos jours pensent plus à leurs carrières car leurs gosses, et si je peux comprendre que l'on veuille réussir dans la vie, ça me gène quand même un peu. Des gamins que l'on met dès l'âge de deux ans à l'école avec cantine + étude du soir, je me demande si cela ne contribue pas à les dégoûter de l'école. Bien sur ce n'est pas la seule raison je sais bien mais c'est un des comportements que je vois et que je trouve le plus surprenant. Donc pour moi c'est aux parents de se remettre un peu en question.

- Mille mercis de ta visite. Je ne serai jamais arrivée ici par le titre car j'essaie de manger moins et j'évite les blogs gourmands, mais voilà la surprise! Et quelle surprise! Je le met dans mes liens pour ne pas rater des articles si bien écrits (il faut que j'améliore mon français, si abandonné par les étudiants portugais).

Je comprends si bien le dilème de ton fils! J'adore être prof. J'aime énormement être en classe avec mes élèves, transmettre ma connaissance en littérature, mais... je ressens exactement ce que ton garçon dit sur le reste. Le milieu où je travaille est assez bon, heureusement, mais il y a un grand travail à faire en ce qui concerne l'aspect de la culture générale. En effet on pense à ce qu'on a et pas à ce qu'on EST.
À bientôt.









Il pourra toujours se reconvertir dans la cuisine son poulet est bien alléchant
BISES JEANNE