Un mois.

Un mois que je l'avais laissé sans nouvelles, que je l'avais délaissé au profit d'autres plaisirs et d'autres horizons.

Un mois sans m'inquiéter de lui, malgré le froid qui a pointé son nez et l'ombre qui gagne plus vite.

Certes, j'y avais régulièrement pensé.

Certes, le jeune Lion était passé lui rendre visite et il m'avait assuré qu'il l'avait trouvé en pleine forme, solide et radieux.

Mais je sais que malgré le plaisir qu'il avait eu à le voir, il ne savait pas écouter ses douleurs, soigner ses maux, s'enquérir de ses besoins.

Comment allait il m'accueillir après cette longue absence?

Aurait il su trouver en lui la force d'affronter seul ses longues semaines ? N'aurait il pas baisser les bras, laissant mourir ses petits les plus fragiles, jeunes pousses incapables de subvenir à leur propres besoins ?

JL me rassurait, m'assurant de sa force, de sa ténacité, me rappelant comme il avait su faire face à des épreuves terribles ces dernières années. Mais l'inquiétude me tenaillait, l'inquiétude et le besoin de le voir, de l'entendre me dire que tout allait bien et qu'il ne m'en voulait pas, amie volage en cet automne.

Il était tard déjà lorsque nous sommes arrivés et je n'ai pu tout de suite reprendre notre dialogue interrompu pendant ces longues semaines. Il semblait dormir paisible, malgré la nuit piquante.

C'est au matin que je l'ai retrouvé. Il était épanoui dans ses couleurs d'automne, chargé de fruits, de fleurs et de couleurs. Le vent dans ses feuilles m'a dit qu'il m'attendait, qu'il n'était pas inquiet, qu'il savait mon retour. Et comme deux vieux amis complices, notre conversation a repris là où elle s'était arrêtée.

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